Réaliser des projets vidéoludiques sur le campus

Depuis 2016, un club étudiant permet aux amateurs de jeux vidéo de suivre des séances de formation et de travail, d’assister à des conférences, de réaliser des projets et de participer à des concours Du 26 au 28 mai dernier a eu lieu un game jam en ligne coorganisé par le centre de création numérique C3 Québec, la branche étudiante de l’IEEE (Institute of Electrical and Electronics Engineers) de l’Université Laval et le Club de développement de jeux vidéo du même établissement. Durant ce marathon de programmation informatique ouvert à tous, les 16 développeurs volontaires répartis en 7 équipes avaient le défi de créer, dans un temps limité et de manière collaborative, un prototype de jeu vidéo. Certains des participants étaient membres du Club.

L’événement bénéficiait du soutien de commanditaires. Un mentor de chez Ubisoft, le géant français de développement, d’édition et de distribution de jeux vidéo, venait en appui aux équipes. Les thèmes proposés étaient la santé, la réduction de l’empreinte énergétique, l’environnement, les villes durables et la musique locale. Les défis ayant été annoncés au début du mois de mai, les participants avaient la possibilité de commencer à travailler dessus à partir de ce moment.  Au terme de l’exercice, le prix du défi Santé a été attribué à Virginie Drolet-Labelle, candidate au doctorat en nutrition de l’Université Laval, pour son projet Ali Santé - Choisir ses aliments . Choisir ses aliments consiste en une formation grand public sur le choix d’aliments sains en épicerie. Il a été créé sur la plateforme Moodle.

Maxime Plourde est étudiant de troisième année au baccalauréat en informatique, coresponsable du Club de développement de jeux vidéo et coorganisateur du game jam . Selon lui, la compétition était surtout un design jam et le développement d’un jeu vidéo était l'une des approches possibles. «Le projet de Virginie Drolet-Labelle se rapproche un peu plus d’un site interactif, d’un quizz , que d’un jeu vidéo, explique-t-il. Il est moins mouvementé que la plupart des jeux, même si la définition de ce qu’est un jeu vidéo reste très difficile à établir et fait encore débat dans le domaine.»

Il ajoute qu’e le divertissement est inhérent aux jeux vidéo, mais il n’est pas toujours au centre des oeuvres. «Certains développeurs, souligne-t-il, utilisent ce média pour sensibiliser les joueurs à des causes ou encore pour les éduquer. Par exemple, le projet Ali Santé de Virginie, qui est basé sur les connaissances qu’elle a acquises au cours de ses études universitaires, a pour but premier d’éduquer les joueurs dans leurs choix d’aliments et de les aider à mieux déchiffrer les étiquettes à l’épicerie.»

Un autre exemple est , le jeu de simulation développé par le studio américain Strange Loop Games. «Ce jeu, dit-il, reflète bien cette approche. Dans ce jeu, le joueur doit créer une civilisation, recueillir des données, évaluer les impacts  du progrès de sa civilisation sur les écosystèmes et s’adapter en conséquence.»

Amateur de jeux vidéo, Maxime Plourde met la dernière main à un projet personnel inspiré de l’oeuvre de H.P. Lovecraft, un écrivain américain connu pour ses récits fantastiques, d'horreur et de science-fiction. D’une durée de plus de 10 minutes, le jeu de l’étudiant met en scène un personnage qui tente de s’échapper des catacombes de Paris et qui sombre peu à peu dans la folie.

Une industrie de premier plan

Considéré comme la première industrie du divertissement au monde, le jeu vidéo regrouperait plus de 3 milliards d’amateurs. Les ventes, elles, pourraient atteindre 268 milliards de dollars américains en 2025. À Québec, on compterait une centaine de studios de jeux vidéo, celui d’Ubisoft employant quelques centaines de personnes à lui seul. Quant à l’Université Laval, elle est un acteur de premier plan dans le domaine de l’informatique avec 5 programmes de baccalauréat. Elle offre aussi un certificat et 5 microprogrammes dans cette discipline, l’un d’eux en programmation de jeux vidéo. Des programmes de maîtrise et de doctorat sont également offerts. Le Club de développement de jeux vidéo, pour sa part, est hébergé depuis 2016 au Département d’informatique et de génie logiciel.

«Il faut attendre assez tard au niveau du baccalauréat pour faire de la programmation de jeux vidéo à l’Université, rappelle le responsable du Club, Emmanuel Coutlée. Mais on peut entrer dans le Club dès la première année et expérimenter cette programmation.»

Le Club propose aux amateurs de jeux vidéo du campus des formations et des séances de travail ainsi que des conférences par des professionnels de l’industrie. Il encourage également les membres à réaliser des projets vidéoludiques dans le but de participer à des concours. Du matériel spécialisé est mis à la disposition des membres, comme des casques de réalité virtuelle.

«Nous sommes un club très ouvert, indique celui qui vient de terminer ses études de maîtrise en informatique - intelligence artificielle. Chaque année, nous accueillons entre 30 et 50 membres, et pas seulement des étudiants en informatique. C’est assez varié. Beaucoup viennent par curiosité et font une ou deux activités. Nous accueillons des artistes du baccalauréat en art et science de l’animation de l’École de design de l’Université Laval. Il y aussi des étudiants en musique qui veulent s’orienter vers la musique de jeux vidéo. Je suis convaincu qu’il y a énormément de talent qui passe par l’Université et par le Club. On a juste à voir la qualité des prototypes de jeux vidéo qui se font en à peine 48 heures dans les concours.»

Selon lui, les conférences par des professionnels de l’industrie du jeu vidéo sont particulièrement courues. «Faire venir un entrepreneur sur le campus et le mettre en contact avec les étudiants est une formule gagnante pour tous, affirme Emmanuel Coutlée. Elle permet aux étudiants de faire connaissance le plus rapidement possible avec le domaine, d’avoir l’heure juste, notamment en posant des questions. Elle permet aussi aux entrepreneurs d’identifier les candidats talentueux. Le milieu du jeu vidéo est assez concurrentiel. Le Club est là pour accompagner l’étudiant qui veut participer aux concours et qui veut approcher tel ou tel studio.»

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